« Je vais au cinéma », et non « à le cinéma » : les articles contractés
On dit « je vais au cinéma », et non « je vais à le cinéma ». Quand les prépositions « à » et « de » rencontrent les articles « le » et « les », elles se fondent avec eux en un seul mot.
Les quatre contractions
- à + le = au : je vais au marché.
- à + les = aux : je parle aux voisins.
- de + le = du : je reviens du travail.
- de + les = des : la fin des vacances.
Devant un nom, ces contractions sont obligatoires : « à le », « à les », « de le » et « de les » ne s'écrivent jamais devant un nom. Exception : les noms de famille qui commencent par Le gardent leur article tel quel, un roman de Le Clézio ; pour les titres, l'usage hésite. Attention, « des » et « du » sont aussi des articles ordinaires : des pommes, des amis, du pain. Dans « la fin des vacances », « des » vaut de + les.
Pas de contraction avec « la » et « l' »
- à + la : je vais à la plage.
- à + l' : je vais à l'école, à l'aéroport.
- de + la : je reviens de la piscine.
- de + l' : je sors de l'hôtel.
Devant une voyelle ou un h muet, « le » et « la » deviennent « l' », et « l' » ne se contracte jamais : à l'hôpital, à l'école, de l'aéroport. Devant un h aspiré, « le » reste et se contracte : au hasard, du haut de la tour. « Les », lui, ne s'élide jamais : devant une voyelle, il se contracte comme ailleurs, aux enfants, des hôtels.
Partout où « à » ou « de » rencontre « le » ou « les »
- un lieu : aller au parc, rentrer du bureau
- une personne : parler au directeur, téléphoner aux clients
- un complément du nom : le livre du professeur, la voiture des parents
- un jeu ou un sport : jouer au foot, jouer aux cartes
- les villes dont le nom a un article : aller au Havre, revenir du Mans
- lequel, lesquels, lesquelles : le projet auquel je pense, les amis auxquels j'écris, les questions auxquelles je réponds, le parc près duquel j'habite ; mais la ville à laquelle je pense
Le piège : « le » pronom ne se contracte pas
Quand « le » ou « les » remplace un nom devant un verbe, c'est un pronom, et il reste séparé.
- Ce livre est long, mais j'ai commencé à le lire.
- Mes voisins sont sympathiques, mais mon mari a refusé de les inviter.
Le test : si « le » remplace un nom déjà cité et complète le verbe qui suit (commencer à lire ce livre, commencer à le lire), c'est un pronom : pas de contraction. Sinon, on contracte, devant un nom, même précédé d'un adjectif, au petit marché, et devant un infinitif employé comme nom : au revoir, au lever du soleil.
Pourquoi on se trompe
L'anglais garde deux mots : « to the », « of the ». L'espagnol contracte seulement au masculin singulier, « al » et « del », et pas au pluriel : « a los niños ». L'italien et le portugais contractent aussi au féminin : « alla », « della » en italien, « à », « da » en portugais. En français, seuls « le » et « les » se contractent, jamais « la » ni « l' ».
💡 Astuce
Devant un nom, à le devient au, à les devient aux, de le devient du, de les devient des. Avec la et l', rien ne change. Quand « le » remplace un nom devant un verbe, c'est un pronom et il reste seul : ce livre, j'ai commencé à le lire.
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