« Le village où j'ai grandi », et non « où j'y ai grandi » : le mot en trop après « où » et « dont »
On écrit « le village où j'ai grandi », et non « où j'y ai grandi ». Le mot « où » reprend déjà le lieu : ajouter « y » le dit une seconde fois. Il en va de même avec « dont », qui contient déjà le « de » : « le film dont on a parlé », et non « dont on en a parlé ».
« Où » fait déjà le travail de « y »
Dans une phrase seule, on reprend un lieu avec « y » : j'ai grandi dans ce village, j'y ai grandi. Quand on relie les deux idées par « où », c'est « où » qui reprend le lieu. Le « y » n'a plus rien à remplacer.
- C'est le village où j'ai grandi. Pas « où j'y ai grandi ».
- Le restaurant où on mange le mieux ferme le lundi. Pas « où on y mange ».
« Dont » fait déjà le travail de « en »
« Dont » reprend un complément introduit par « de ». Dans une phrase seule, c'est « en » qui fait ce travail : on parle de ce film, on en parle. Après « dont », le « en » fait double emploi.
- Le film dont on a parlé sort demain. Pas « dont on en a parlé ».
- Voici l'outil dont tu as besoin. Pas « dont tu en as besoin ».
- C'est une soirée dont je me souviens à peine. Pas « dont je m'en souviens ».
« Dont » fait aussi le travail du possessif
« Dont » peut reprendre celui à qui appartient quelque chose : la voiture de mon ami est en panne, donc mon ami dont la voiture est en panne. Un possessif comme « sa », « son » ou « ses » dirait une seconde fois à qui elle appartient. Après « dont », on met l'article.
- J'ai un ami dont la voiture est en panne. Pas « dont sa voiture ».
- C'est un auteur dont les romans se vendent bien. Pas « dont ses romans ».
Le test
Coupe la phrase au niveau de « où » ou de « dont », et remets le nom dans la seconde partie : j'ai grandi dans le village ; on a parlé du film ; la voiture de mon ami est en panne. Le nom n'y apparaît qu'une fois. Si tu gardes « y » après « où » ou « en » après « dont » (sauf dans les cas ci-dessous), ou un possessif devant le nom que « dont » complète, tu le répètes.
Quand « y » ou « en » restent
Le « y » de « il y a » ne reprend rien : il fait partie de l'expression, et il reste après « où ». Il en va de même des « y » et des « en » figés : la façon dont il s'y prend. Un « y » ou un « en » qui renvoie à autre chose que le nom repris est juste, lui aussi, et c'est le cas quand « où » dit un moment : le jour où j'y suis allé.
- La pièce où il y a la télévision est à l'étage.
- Des fraises ? Le marché où j'en achète ferme le lundi : « en » reprend les fraises, pas le marché.
De même, un possessif qui renvoie à quelqu'un d'autre est juste : Paul, dont la fille a perdu son téléphone. « Son » renvoie à la fille, pas à Paul.
Pourquoi on se trompe
À l'oral, on construit la phrase en deux temps : on lance « le village où », puis on enchaîne avec la phrase qu'on dirait seule, « j'y ai grandi ». Le pronom de cette phrase seule reste, alors que « où » ou « dont » a déjà fait son travail. C'est le même réflexe qui fait écrire « un ami dont sa voiture est en panne » : la phrase seule, sa voiture est en panne, garde son possessif.
💡 Astuce
Après où, pas de y ; après dont, ni en, ni possessif devant le nom que dont complète : le village où j'ai grandi, le film dont on a parlé, un ami dont la voiture est en panne. Restent le y de il y a, les y et en figés (s'y prendre), et un y, un en ou un possessif qui renvoient à autre chose.
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Je retourne souvent dans le quartier où ___ fait mes études.
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