Les mauvais usages

« Il est parti sans rien dire », et non « sans ne rien dire » : pas de « ne » après « sans »

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On écrit « il est parti sans rien dire ». « Sans » est déjà une négation : il n'a pas besoin de « ne ». « Rien », « personne », « jamais », « aucun » ou « plus » s'emploient après « sans » sans « ne ». Seul le « ne » de « ne… que », qui ne nie rien, reste après « sans » suivi d'un infinitif : sans ne manger que des légumes, sans ne serait-ce qu'un merci.

La règle

Dans une phrase ordinaire, « rien », « personne » et « jamais » s'appuient sur « ne » : il ne dit rien. Après « sans », c'est « sans » qui tient ce rôle, et le « ne » disparaît.

  • Il ne dit rien. Il est parti sans rien dire.
  • Elle n'a vu personne. Elle a traversé la ville sans voir personne.
  • Il ne se plaint jamais. Il travaille sans jamais se plaindre.
  • Je n'ai reçu aucune aide. J'ai réussi sans aucune aide.
  • On n'attend plus. Partons sans plus attendre.

Pas « sans ne rien dire », ni « sans ne voir personne ».

Avec un infinitif passé

La règle ne change pas avec « avoir » ou « être » : sans avoir rien vu, sans être jamais venu. Pas « sans n'avoir rien vu ». « Rien » peut aussi se placer avant « avoir » : sans rien avoir vu est juste également.

Deux éléments après « sans »

Pour en nier deux, on les relie par « ni » : un café sans sucre ni lait. On peut aussi répéter « sans » : sans sucre et sans lait.

L'exception : « ne… que »

« Ne… que » ne nie pas, il restreint : il ne mange que des légumes veut dire il mange seulement des légumes. Ce « ne » reste donc après « sans ».

  • Il a tenu un mois sans ne manger que des légumes.
  • Il est parti sans ne serait-ce qu'un au revoir.

Le test

Pars de la phrase avec « ne » : il ne dit rien. Remplace « ne » par « sans », mets le verbe à l'infinitif, et place « rien », « jamais » ou « plus » devant l'infinitif, ou après « avoir » ou « être » s'il y en a un (sans avoir rien vu, sans rien avoir vu) ; « personne » et « aucun » restent après : sans rien dire, sans voir personne. « Sans » prend la place du « ne », il ne s'y ajoute pas.

Et « sans que » ?

Après « sans que », le verbe se met au subjonctif : il est parti sans que personne le voie. On lit aussi « sans que personne ne le voie », que l'usage admet ; le plus sûr à l'écrit reste de s'en passer, puisque « sans que » nie déjà.

Pourquoi on se trompe

« Rien », « jamais » et « personne » vont si souvent avec « ne » que la main les associe par réflexe. À l'oral, le « ne » tombe presque toujours (« j'ai rien vu ») : à l'écrit, on le remet par soin, y compris là où « sans » le rend inutile.

💡 Astuce

Après sans, pas de ne, sauf dans ne… que : sans rien dire, sans voir personne, sans jamais se plaindre. « Sans » prend la place du « ne ».

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