9 fautes par dictée de niveau CM2 par les Français : ce que révèle notre étude 2026
Une analyse de 25 millions de réponses, 154 845 dictées et 500 000 utilisateurs en France.
Cette nouvelle étude de l'application Français sans Fautes repose sur l'analyse de plus de 25 millions de réponses fournies entre avril 2025 et avril 2026 par plus de 500 000 utilisateurs situés en France.
Au total, 154 845 dictées ont été réalisées et corrigées. Ce corpus permet de cartographier les fautes les plus résistantes, de repérer les confusions les plus fréquentes, et d'observer comment les usages réels de la langue s'écartent, parfois massivement, des règles établies.
Le constat marquant : 9 fautes par dictée de niveau CM2
fautes par dictée
niveau CM2
faute par phrase
en moyenne
/ 20 de moyenne
tous niveaux confondus
Sur une dictée de niveau CM2, les Français adultes commettent en moyenne près de 9 erreurs, soit environ une faute et demie par phrase. Un résultat qui en dit long sur la difficulté persistante du français écrit, même chez des locuteurs natifs et motivés.
Le top des fautes les plus courantes
Cinq fautes apparemment évidentes, et pourtant commises par près d'un Français sur deux.
1. « Davantage » ou « d'avantage » ?
Taux d'erreur : 63,39 % (sur 67 635 réponses)
« Davantage » en un seul mot signifie « plus » : j'en veux davantage. « D'avantage » en deux mots ne s'utilise que pour parler d'un bénéfice : il n'y a pas d'avantage à faire ça. Sur 67 635 réponses analysées, 42 876 sont fautives : près de deux personnes sur trois se trompent.
2. « Après que je suis » ou « après que je sois » allé chez toi ?
Taux d'erreur : 59,52 % (sur 27 199 réponses)
Contre-intuitif mais réel : « après que » se construit avec l'indicatif, jamais avec le subjonctif. On dit donc « après que je suis allé chez toi ». Sur 27 199 réponses, 16 190 ont choisi le subjonctif, soit 6 personnes sur 10. L'usage à l'oral est devenu si majoritaire qu'il s'impose à l'écrit, mais reste une faute.
3. « Si j'avais su » ou « si j'aurais su » ?
Taux d'erreur : 45,46 % (sur 128 218 réponses)
La règle est intransigeante : jamais de « -rais » après « si » exprimant l'hypothèse. La bonne formule est « si j'avais su, je serais venu ». Sur 128 218 réponses, 58 285 ont mis le conditionnel : c'est la faute pour laquelle nous avons le plus de données, et près d'un Français sur deux la commet encore.
4. « Pallier à ce problème » ou « pallier ce problème » ?
Taux d'erreur : 53,12 % (sur 3 191 réponses)
Le verbe « pallier » est transitif direct : il se construit sans préposition. On dit donc « pallier un problème » et non « pallier à un problème ». Sur 3 191 réponses, 1 695 ont gardé la préposition « à » : plus d'une réponse sur deux. L'erreur est si fréquente dans les médias qu'elle en est devenue presque invisible.
5. Les règles de ponctuation
Taux d'erreur : 44,57 % (sur 3 875 réponses)
Espace insécable avant les « : », « ; », « ? » et « ! », pas d'espace avant la virgule, guillemets français « » : la ponctuation française obéit à des règles très précises, largement ignorées. Sur 3 875 réponses, 1 727 fautes : près d'un Français sur deux se fait piéger sur ces règles pourtant enseignées dès le collège.
Où les Français se trompent-ils le plus ?
Taux d'erreur moyen, par grande catégorie, sur l'ensemble des notions analysées.
Anglicismes, prépositions fautives, faux amis grammaticaux : le terrain n°1 des erreurs.
Les règles pures (ponctuation, fonctions, modes verbaux) restent floues à l'âge adulte.
Orthographe lexicale, mots savants ou rares : un casse-tête permanent.
Participe passé, accords de couleur, pluriels exotiques : un classique.
« davantage » / « d'avantage », « tâche » / « tache », « dont » / « que »…
Étonnamment, la catégorie la mieux maîtrisée, sauf sur les temps composés et la concordance des temps.
Le constat est clair : ce sont les mauvais usages et la théorie grammaticale qui posent le plus problème, loin devant la conjugaison. Les erreurs les plus tenaces ne relèvent pas tant des règles complexes que de l'usage réel de la langue.
Note méthodologique
Données collectées entre avril 2025 et avril 2026 auprès des utilisateurs de l'application Français sans Fautes situés en France.
Les utilisateurs sont majoritairement des adultes, engagés volontairement dans des exercices d'orthographe, de grammaire et de vocabulaire. Les dictées comportant plus de 20 erreurs ont été exclues afin d'écarter les réponses aberrantes. Les niveaux analysés vont du débutant à l'expert, en passant par l'intermédiaire.
Limite à garder en tête : notre échantillon est auto-sélectionné. Les utilisateurs ont téléchargé une application d'orthographe et la pratiquent volontairement, ils sont donc probablement plus motivés et plus à l'aise en français que la moyenne de la population. Les taux d'erreur présentés ici constituent vraisemblablement une borne basse : sur un échantillon parfaitement représentatif des Français, les chiffres seraient sans doute plus élevés.
Conclusion
En 2026, l'orthographe française reste un défi quotidien. Avec près de 9 fautes par dictée de niveau CM2 et des taux d'erreur qui dépassent 60 % sur certaines confusions classiques comme « davantage » / « d'avantage », on mesure à quel point la langue écrite résiste, y compris à des locuteurs natifs et motivés.
La bonne nouvelle ? Ces erreurs sont toutes identifiables, explicables, et donc corrigeables. C'est exactement ce que propose Français sans Fautes : une pratique courte et régulière, ancrée dans les fautes que vous faites vraiment, plutôt qu'un cours théorique de plus.

