Les mauvais usages

« C'est à toi que je parle », et non « c'est à toi à qui je parle » : la préposition en double

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On écrit « c'est à toi que je parle ». Pour mettre un mot en avant, on l'encadre par « c'est… que ». Quand ce mot est précédé d'une préposition, comme « à », « avec » ou « de », elle ne s'écrit qu'une fois.

La mise en relief

On part d'une phrase simple et on encadre le mot qu'on veut souligner. La préposition reste devant lui, et la suite commence par « que ».

  • Je pense à mon frère. C'est à mon frère que je pense.
  • Il travaille avec Léa. C'est avec Léa qu'il travaille.
  • On a besoin de toi. C'est de toi qu'on a besoin.

Ce « que » ne change pas, quelle que soit la préposition.

L'autre tournure, plus soutenue

On peut aussi laisser le mot seul après « c'est » et mettre la préposition dans le pronom qui suit. C'est correct, mais plus rare.

  • C'est mon frère à qui je pense.
  • C'est Léa avec qui il travaille.
  • C'est toi dont on a besoin.
  • C'est ce problème auquel je pense.

La règle : une seule préposition

Choisis l'une ou l'autre tournure, jamais les deux à la fois. La préposition est soit devant le mot mis en avant, soit dans le pronom.

  • C'est à toi que je parle, ou c'est toi à qui je parle. Pas « c'est à toi à qui je parle ».
  • C'est avec elle que je pars, ou c'est elle avec qui je pars. Pas « c'est avec elle avec qui je pars ».
  • C'est de ce livre que je parle, ou c'est ce livre dont je parle. Pas « c'est de ce livre dont je parle ».

« C'est de cela dont il s'agit » se lit souvent, même chez de bons auteurs, mais la langue soignée garde une seule préposition : c'est de cela qu'il s'agit.

Une autre tournure reprend la préposition, et elle est admise : ce à quoi je pense, c'est à toi. Ici, « ce à quoi je pense » est un sujet, repris par « c'est à toi ».

Le test

Retire « c'est », puis « que » ou « qui », en gardant toutes les prépositions (« dont » compte pour « de », « auquel » pour « à »), et remets la phrase dans l'ordre. « C'est à toi que je pense » redonne je pense à toi ; « c'est toi à qui je pense » aussi. Une seule préposition, la phrase est juste. « C'est à toi à qui je pense » donnerait « je pense à à toi » : la préposition est en double.

Pour un lieu

Pour souligner un lieu, « c'est là que » et « c'est là où » sont admis tous les deux. Avec une préposition devant le lieu, écris « que » : c'est à Paris que j'habite.

Pourquoi on se trompe

On mélange les deux tournures : on garde la préposition de la tournure courante, « c'est à toi », et celle de la tournure soutenue, « à qui ». « À qui » sonne plus soigné que « que », et c'est justement ce souci de bien dire qui fabrique la faute.

💡 Astuce

Une seule préposition : c'est à toi que je parle, ou c'est toi à qui je parle, jamais à toi à qui. Si la préposition est devant le mot mis en avant, la suite commence par que.

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