« Que tu viennes » ou « que tu sois venu » ? Le subjonctif passé
On dit « je suis content que tu sois venu hier ». Le subjonctif a lui aussi un passé, et on l'emploie quand l'action est déjà finie par rapport au moment dont on parle.
Comment le former
C'est « avoir » ou « être » au subjonctif présent, suivi du participe passé. L'auxiliaire est celui du passé composé, et avec « être » le participe s'accorde avec le sujet.
- que j'aie fini, que tu aies pris, qu'il ait compris
- que nous ayons vu, que vous ayez pu, qu'ils aient dit
- qu'il soit parti, qu'elle soit arrivée, qu'ils soient venus, qu'elles se soient levées
Présent ou passé : une question de moment
Le subjonctif présent dit une action qui se passe en même temps ou plus tard. Le subjonctif passé dit une action déjà finie.
- Il faut que tu viennes demain. Pas encore fait.
- Je suis content que tu sois venu hier. Déjà fait.
- Je doute qu'elle comprenne cette règle. Maintenant, ou en général.
- Je doute qu'elle ait compris la règle, elle a tout faux. C'est passé.
Le temps du verbe principal ne change rien : j'étais content qu'il soit venu, je voulais qu'il vienne. À l'écrit soutenu, on trouve aussi l'imparfait du subjonctif, « j'étais content qu'il fût venu » ; c'est une autre fiche. Devant une échéance, les deux temps sont possibles : il faut que tu finisses avant ce soir, ou, pour insister sur le résultat, il faut que tu aies fini avant ce soir.
Les mots qui aident
- vers le passé : hier, déjà, la semaine dernière, l'an dernier
- vers une échéance, où les deux temps marchent : avant ce soir, d'ici demain, pour lundi
- vers le présent ou l'avenir : maintenant, demain, bientôt, tout de suite, la prochaine fois
Sans marqueur, c'est le sens qui tranche : « je ne crois pas qu'il soit parti » parle d'un départ qui a peut-être déjà eu lieu, « je ne crois pas qu'il parte » d'un départ à venir.
Les déclencheurs sont les mêmes
Tout ce qui appelle le subjonctif présent appelle aussi le subjonctif passé : l'émotion, le doute, la nécessité, le regret, et les conjonctions comme « bien que ».
- Bien qu'il ait plu toute la nuit, la route est sèche.
- C'est dommage que vous n'ayez pas pu venir samedi.
- Je regrette qu'elle soit partie si tôt.
Les deux fautes qui reviennent
- L'indicatif à la place du subjonctif : « je doute qu'il a compris » au lieu de qu'il ait compris.
- Le présent pour une action finie : « je suis content que tu viennes hier » au lieu de que tu sois venu hier.
Attention, « espérer » et « après que » se construisent avec l'indicatif : « j'espère qu'il a compris », « après qu'il est parti ». Et après « craindre », on entend souvent un « ne » qui n'est pas une négation : « je crains qu'il ne parte » veut dire « je crains qu'il parte ».
💡 Astuce
Demande-toi si l'action est déjà finie par rapport au moment dont on parle. Finie : subjonctif passé, que tu sois venu, que j'aie fini. Pas encore : subjonctif présent, que tu viennes, que je finisse.
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