« Il faut que tu voies » et non « que tu vois » : le subjonctif qui ne s'entend pas
On écrit « il faut que tu voies ce film », et non « que tu vois ». Après « il faut que », le verbe se met au subjonctif, et le subjonctif de voir ne s'écrit pas comme son présent, même s'il se prononce de la même façon.
La règle
Au subjonctif présent, je, tu et il se terminent par -e, -es et -e. C'est vrai pour tous les verbes, sauf être (que je sois, qu'il soit) et avoir à la troisième personne : que j'aie, que tu aies, mais qu'il ait.
- que je chante, que tu chantes, qu'il chante
- que je finisse, que tu finisses, qu'il finisse
- que je voie, que tu voies, qu'il voie
Pour beaucoup de verbes, le subjonctif s'entend : que tu finisses, que tu fasses, que tu viennes. Pour les verbes en -er, sauf aller, il s'écrit comme le présent avec je, tu, il et ils, sans piège : que tu chantes, tu chantes. Mais certains verbes ont un présent de l'indicatif en -s, -s, -t qui sonne exactement comme leur subjonctif. C'est là qu'on se trompe.
Les verbes piégés
- voir : il voit, mais qu'il voie, et de même revoir, prévoir
- croire : il croit, mais qu'il croie
- rire : il rit, mais qu'il rie, et de même sourire
- courir : il court, mais qu'il coure, et de même parcourir, secourir
- mourir : il meurt, mais qu'il meure
- fuir : il fuit, mais qu'il fuie, et de même s'enfuir
- conclure : il conclut, mais qu'il conclue, et de même exclure, inclure
- distraire : il distrait, mais qu'il distraie, et de même extraire
- acquérir : il acquiert, mais qu'il acquière, et de même conquérir
Avec tu, le subjonctif prend -es : que tu voies, que tu croies, que tu ries, que tu coures.
Le test
Remplace le verbe par faire ou venir, dont le subjonctif s'entend. Il faut que tu fasses, il faut que tu viennes : c'est le subjonctif, donc il faut que tu voies. Je sais que tu fais, je sais que tu viens : c'est l'indicatif, donc je sais que tu vois.
Quand le subjonctif s'impose
Il suit les tournures qui expriment une volonté, une nécessité, un sentiment, un doute, un but, une crainte, une concession, ou une limite dans le temps (avant que, jusqu'à ce que, en attendant que). Quand, dès que ou après que prennent l'indicatif, même pour un moment à venir : quand tu verras, après qu'il aura vu.
- il faut que, je veux que, j'aimerais que
- je suis content que, je regrette que, je doute que
- pour que, avant que, sans que, jusqu'à ce que
- bien que, quoique, j'ai peur que
Après « je sais que », « je pense que », « parce que » ou « après que », c'est l'indicatif : je pense qu'il voit juste ; je l'écoute parce qu'il croit en moi. À la forme négative, « je ne pense pas que » se construit le plus souvent avec le subjonctif : je ne pense pas qu'il voie. Et « j'espère que » prend l'indicatif, malgré le souhait : j'espère qu'elle croit en elle.
Avec nous, vous et ils
Avec nous et vous, le subjonctif de ces verbes prend un i que le présent n'a pas : que nous voyions, que vous croyiez, que nous riions. Ce sont les mêmes formes qu'à l'imparfait. Avec ils, rien ne change : ils voient, qu'ils voient.
Pourquoi on se trompe
À l'oral, « il voit » et « qu'il voie » sont identiques : l'oreille ne signale rien, et la main écrit la forme qu'elle connaît le mieux, celle du présent. Avec faire ou venir, on se trompe rarement, parce que « qu'il fasse » et « qu'il vienne » s'entendent.
💡 Astuce
Remplace par faire : là où tu dis que tu fasses, écris que tu voies, que tu croies, que tu coures. Au subjonctif, je, tu et il finissent par -e, -es, -e, sauf avec être (que je sois, que tu sois, qu'il soit) et qu'il ait.
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J'espère que tu ___ enfin clair dans son jeu.
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