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« La société » sans e, mais « la dictée » : les noms féminins en -té et -tié

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On écrit « la société », « la qualité », « l'amitié », sans e à la fin, alors que ces noms sont féminins. C'est une exception à une règle bien ancrée : en général, un nom féminin terminé par le son « é » s'écrit -ée, comme la journée, l'idée ou l'arrivée.

La règle

Les noms féminins de choses ou d'idées terminés par -té ou par -tié s'écrivent sans e.

  • la société, la qualité, la réalité, la santé, la liberté
  • l'activité, la publicité, la vérité, la communauté, la cité
  • l'amitié, la moitié, la pitié

Le nom est féminin, on dit « la » ou « une », et pourtant aucun e ne s'ajoute. Au pluriel, il prend seulement un s : des sociétés, des amitiés.

Les exceptions en -tée

Quelques noms prennent -tée. La plupart désignent l'action d'un verbe en -ter, ou ce qu'elle produit.

  • la dictée (dicter), la montée (monter), la jetée (jeter), la portée (porter)
  • la tétée (téter), la butée (buter), la remontée (remonter)
  • les noms qui disent ce que contient un objet : une assiettée, une pelletée, une brouettée, une charretée
  • deux noms qui ne disent ni une action ni un contenu : la pâtée du chien ou du chat, et la nuitée, une nuit passée à l'hôtel

Le féminin d'un nom de personne prend aussi un e, parce qu'il se forme sur le masculin : un député, une députée ; un invité, une invitée.

Le test

Pour un nom féminin de chose, demande-toi s'il vient d'un verbe en -ter et en dit l'action ou le résultat, ou s'il dit le contenu d'un objet. La dictée, c'est ce qu'on dicte ; la montée, le fait de monter ; la jetée, l'ouvrage fait de pierres jetées à la mer ; une assiettée, ce que contient une assiette. Si c'est le cas, écris -tée. Sinon, la qualité, la cité, la santé, la moitié : pas de e. Retiens à part la pâtée et la nuitée, qui ne viennent d'aucun verbe.

Attention aux verbes en -ter de la même famille, comme faciliter, nécessiter ou féliciter. La facilité ne dit pas l'action de faciliter, c'est une qualité : pas de e.

Ne confonds pas avec le participe passé

Le participe passé, lui, s'accorde : employé seul (la phrase citée), avec être (elle a été citée) ou avec avoir quand le COD est placé avant (la société qu'il a fondée), il prend un e au féminin. Le nom en -té, lui, n'en prend pas.

  • Il habite une cité universitaire. Mais : la phrase citée en exemple.
  • Sa liberté a été limitée.

Pourquoi on se trompe

Le e s'ajoute par réflexe : le nom est féminin, et la journée, l'année ou l'idée le prennent. On pense aussi au participe accordé, comme dans une décision acceptée. Les noms en -té et en -tié font exception à cette règle, et c'est là que le réflexe trompe : la qualité, la moitié.

💡 Astuce

Un nom féminin en -té ou -tié s'écrit sans e : la société, l'amitié. Prennent -tée les noms tirés d'un verbe en -ter qui disent son action ou son résultat (la dictée, la jetée), ceux qui disent un contenu (une assiettée), la pâtée et la nuitée, et le féminin des noms de personnes (une députée).

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