« Tous les efforts qu'il a pu » ou « pus » ?
On écrit « il a fait tous les efforts qu'il a pu », sans accord. Le complément placé avant le verbe, « les efforts », n'est pas celui de « pu » : ce qu'il a pu, c'est faire des efforts, un infinitif qu'on n'a pas répété.
Le complément qui manque
Après certains verbes, on sous-entend l'infinitif qui vient d'être employé. C'est lui, le vrai complément du participe. Comme ce complément est un infinitif, sans genre ni nombre, le participe reste au masculin singulier.
- Il a fait tous les efforts qu'il a pu. Sous-entendu : faire.
- Elle a pris toutes les précautions qu'elle a dû. Sous-entendu : prendre.
- Nous avons visité tous les musées que nous avons pu. Sous-entendu : visiter.
Le test : complète la phrase
Ajoute l'infinitif après le participe. Si la phrase tient, c'est lui le complément, et le participe reste invariable. Si rien ne se glisse, c'est bien le nom placé avant qui est le complément direct, et la règle ordinaire s'applique.
- Les efforts qu'il a pu faire : la phrase tient, donc pu.
- Les fleurs qu'elle a cueilli… quel infinitif ajouter ? Aucun ne convient. Elle a cueilli les fleurs elles-mêmes : cueillies.
« Pouvoir » ne s'accorde jamais
On ne peut pas « pouvoir » une chose précise : on peut seulement faire quelque chose. Le participe de « pouvoir » a donc toujours un infinitif pour complément, exprimé ou non, et il ne s'accorde jamais, quel que soit le mot placé avant.
- Elle a couru tous les marathons qu'elle a pu.
- Ils ont invité toutes les personnes qu'ils ont pu.
« Devoir » : deux sens, deux accords
« Devoir » suivi d'un infinitif marque l'obligation, et son participe reste invariable quand cet infinitif est sous-entendu. Mais « devoir » veut aussi dire « avoir une dette », et là il a un vrai complément, avec lequel il s'accorde.
- Elle a pris toutes les précautions qu'elle a dû. Qu'elle a dû prendre.
- Les sommes qu'il nous a dues pendant dix ans, il les a enfin remboursées. Il nous devait ces sommes.
Pour les précautions, aucun doute : on ne doit pas des précautions à quelqu'un. Pour les sommes, c'est le sens de dette qui fait écrire « dues » ; dans une phrase comme « il a remboursé toutes les sommes qu'il a dû », on sous-entendrait « rembourser », et les deux graphies se défendraient. Demande-toi ce que « devoir » veut dire dans ta phrase.
Les verbes où c'est toi qui décides
Vouloir, savoir, croire, dire, penser, prévoir, promettre peuvent avoir pour complément soit un infinitif sous-entendu, soit le nom lui-même. Les deux accords sont alors possibles, et c'est le sens que tu veux donner qui choisit.
- Elle a apporté les fleurs qu'elle avait promises : elle avait promis ces fleurs.
- Elle a apporté les fleurs qu'elle avait promis : elle avait promis d'en apporter.
- Les histoires qu'il a crues : il a cru ces histoires.
- Il a pris toutes les parts qu'il a voulu : qu'il a voulu prendre.
Quand les deux lectures existent, personne ne te reprochera l'un ou l'autre, à condition que la phrase dise ce que tu veux dire. Dans le doute, demande-toi si le nom est vraiment ce qu'on a voulu, cru ou promis.
Pourquoi on se trompe
Parce que « que » précède le verbe et que le réflexe « complément avant, j'accorde » se déclenche. Mais ce « que » n'est pas toujours le complément du participe : avec « pouvoir », il ne l'est jamais, c'est celui de l'infinitif qu'on a passé sous silence. Avant d'accorder, demande-toi ce que le verbe a vraiment pour complément.
💡 Astuce
Ajoute l'infinitif après le participe. S'il s'y glisse (les efforts qu'il a pu faire), c'est lui le complément et le participe reste invariable. « Pouvoir » ne s'accorde jamais, et « devoir » seulement quand il veut dire « avoir une dette ».
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Il a lu tous les livres qu'il a ___.
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